* * * *
* * *
* *
*
- 1 - Extrait du Livre des Esprits d'Allan Kardec
- 2 - Reconnaissance de l'existence des Esprits et de leurs manifestations. (Extrait Revue Spirite de janvier 1858)
* * * *
* * *
* *
*
Extrait du Livre des Esprits d'Allan Kardec
76. Quelle définition peut-on donner des Esprits ?
" On peut dire que les Esprits sont les êtres intelligents de la création. Ils peuplent l'univers en dehors
du monde matériel. "
NOTA. - Le mot Esprit est employé ici pour désigner les individualités des êtres extra-corporels, et non plus
l'élément intelligent universel.
77. Les Esprits sont-ils des êtres distincts de la Divinité, ou bien ne seraient-ils que des émanations ou
portions de la Divinité et appelés, pour cette raison, fils ou enfants de Dieu ?
" Mon Dieu, c'est son oeuvre, absolument comme un homme qui fait une machine ; cette machine est l'oeuvre de
l'homme et non pas lui. Tu sais que quand l'homme fait une chose belle, utile, il l'appelle son enfant, sa
création. Eh bien ! Il en est de même de Dieu : nous sommes ses enfants, puisque nous sommes son oeuvre. "
78.
Les Esprits ont-ils eu un commencement, ou bien sont-ils comme Dieu, de toute éternité ?
" Si les esprits n'avaient point eu de commencement, ils seraient égaux à Dieu, tandis qu'ils sont sa création
et soumis à sa volonté. Dieu est de toute éternité, cela est incontestable ; mais savoir quand et comment
il nous a créés, nous n'en savons rien. Tu peux dire que nous sommes sans commencement, si tu entends par là que
Dieu étant éternel, il a dû créer sans relâche ; mais quand et comment chacun de nous a été fait, je te dis
encore, nul ne le sait : c'est là qu'est le mystère. "
79. Puisqu'il y a deux éléments généraux dans l'univers : l'élément intelligent et l'élément matériel,
pourrait-on dire que les Esprits sont formés de l'élément intelligent, comme les corps inertes sont formés
de l'élément matériel ?
" C'est évident ; les Esprits sont l'individualisation du principe intelligent, comme les corps sont
l'individualisation du principe matériel ; c'est l'époque et le mode de cette formation qui sont inconnus. "
80.
La création des Esprits est-elle permanente, ou bien n'a-t-elle eu lieu qu'à l'origine des temps ?
" Elle est permanente, c'est-à-dire que Dieu n'a jamais cessé de créer. "
81.
Les Esprits se forment-ils spontanément, ou bien procèdent-ils les uns des autres ?
" Dieu les crée, comme toutes les autres créatures, par sa volonté ; mais, encore une fois, leur origine est un
mystère. "
82. Est-il exact de dire que les Esprits sont immatériels ?
" Comment peut-on définir une chose quand on manque de termes de comparaison, et avec un langage insuffisant ?
Un aveugle-né peut-il définir la lumière ? Immatériel n'est pas le mot ; incorporel serait plus exact, car tu
dois bien comprendre que l'Esprit étant une création doit être quelque chose ; c'est une matière
quintessenciée, mais sans analogue pour vous, et si éthérée qu'elle ne peut tomber sous vos sens. "
Nous disons que les Esprits sont immatériels, parce que leur essence diffère de tout ce que nous connaissons
sous le nom de matière. Un peuple d'aveugles n'aurait point de termes pour exprimer la lumière et ses effets.
L'aveugle de naissance croit avoir toutes les perceptions par l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher ; il ne
comprend pas les idées que lui donnerait le sens qui lui manque. De même, pour l'essence des êtres surhumains,
nous sommes de véritables aveugles. Nous ne pouvons les définir que par des comparaisons toujours imparfaites,
ou par un effort de notre imagination.
83. Les Esprits ont-ils une fin ? On comprend que le principe d'où ils émanent soit éternel, mais ce que nous
demandons, c'est si leur individualité a un terme et si, dans un temps donné, plus ou moins long, l'élément
dont ils sont formés ne se dissémine pas et ne retourne pas à la masse comme cela a lieu pour les corps
matériels. Il est difficile de comprendre qu'une chose qui a commencé puisse ne pas finir.
" Il y a bien des choses que vous ne comprenez pas, parce que votre intelligence est bornée, et ce n'est pas
une raison pour les repousser. L'enfant ne comprend pas tout ce que comprend son père, ni l'ignorant tout ce
que comprend le savant. Nous te disons que l'existence des Esprits ne finit point ; c'est tout ce que nous
pouvons dire maintenant. "
* * * *
* * *
* *
*
Reconnaissance de l'existence des Esprits et de leurs manifestations (Extrait de la Revue Spirite de janvier 1858).
Si les premières manifestations spirites ont fait de nombreux adeptes,
elles ont rencontré non seulement beaucoup d'incrédules, mais des
adversaires acharnés, et souvent même intéressés à leur discrédit.
Aujourd'hui les faits ont parlé si haut que force demeure à l'évidence, et s'il
y a encore des incrédules systématiques, nous pouvons leur prédire avec
certitude que peu d'années ne se passeront pas sans qu'il en soit des Esprits
comme de la plupart des découvertes qui ont été combattues à outrance ou
regardées comme des utopies par ceux mêmes que leur savoir aurait dû
rendre moins sceptiques en ce qui touche le progrès. Déjà nous voyons bien
des gens, parmi ceux qui n'ont pas été à même d'approfondir ces étranges
phénomènes, convenir que notre siècle est si fécond en choses
extraordinaires, et que la nature a tant de ressources inconnues, qu'il y
aurait plus que de la légèreté à nier la possibilité de ce que l'on ne
comprend pas. Ceux-là font preuve de sagesse. Voici, en attendant, une
autorité qui ne saurait être suspecte de se prêter légèrement à une
mystification, c'est un des principaux journaux ecclésiastiques de Rome, la
Civilta Cattolica. Nous reproduisons ci-après un article que ce journal
publia au mois du mars dernier, et l'on verra qu'il serait difficile de prouver
l'existence et la manifestation des Esprits par des arguments plus péremptoires.
Il est vrai que nous différons avec lui sur la nature des Esprits ; il n'en admet
que de mauvais, tandis que nous en admettons de bons et de mauvais : c'est
un point que nous traiterons plus tard avec tous les développements
nécessaires. La reconnaissance des manifestations spirites par
une autorité aussi grave et aussi respectable est un point capital ; reste donc
à les juger : c'est ce que nous ferons dans le prochain numéro. L'Univers,
en reproduisant cet article, le fait précéder des sages réflexions suivantes :
« A l'occasion d'un ouvrage publié à Ferrare, sur la pratique du
Magnétisme animal, nous parlions dernièrement à nos lecteurs des savants
articles qui venaient de paraître dans la Civilta Cattolica, de Rome, sur la
Nécromancie moderne, nous réservant de les leur faire plus amplement
connaître. Nous donnons aujourd'hui le dernier de ces articles, qui contient
en quelques pages les conclusions de la revue romaine. Outre l'intérêt qui
s'attache naturellement à ces matières et la confiance que doit inspirer un
travail publié par la Civilta, l'opportunité particulière de la question en ce
moment nous dispense d'appeler l'attention sur un sujet que beaucoup de
personnes ont traité en théorie et en pratique d'une manière trop peu
sérieuse, en dépit de cette règle de vulgaire prudence qui veut que plus les
faits sont extraordinaires, plus on procède avec circonspection. »
Voici cet article : « De toutes les théories qu'on a mises en avant pour
expliquer naturellement les divers phénomènes connus sous le nom de
spiritualisme américain, il n'en est pas une seule qui atteigne le but, et
encore moins qui parvienne à donner raison de tous ces phénomènes. Si
l'une ou l'autre de ces hypothèses suffit à en expliquer quelques-uns, il en
restera toujours beaucoup qui demeureront inexpliqués et inexplicables. La
supercherie, le mensonge, l'exagération, les hallucinations doivent
assurément avoir une large part dans les faits que l'on rapporte ; mais après
avoir fait ce décompte, il en reste encore une masse telle que, pour en nier
la réalité, il faudrait refuser toute créance à l'autorité des sens et du
témoignage humain. Parmi les faits en question, un certain nombre peuvent
s'expliquer à l'aide de la théorie mécanique ou mécanico-physiologique ;
mais il en est une partie, et c'est de beaucoup la plus considérable, qui ne
peut en aucune manière se prêter à une explication de ce genre. A cet ordre
de faits se rattachent tous les phénomènes dans lesquels les effets obtenus
dépassent évidemment l'intensité de la force motrice qui devrait, dit-on, les
produire. Tels sont : 1° les mouvements, les soubresauts violents de masses
pesantes et solidement équilibrées, à la simple pression, au seul
attouchement des mains ; 2° les effets et les mouvements qui se produisent
sans aucun contact, par conséquent sans aucune impulsion mécanique soit
immédiate, soit médiate ; et enfin ces autres effets qui sont de nature à
manifester en qui les produit une intelligence et une volonté distinctes de
celles des expérimentateurs. Pour rendre raison de ces trois ordres de faits
divers, nous avons encore la théorie du magnétisme ; mais quelque larges
concessions qu'on soit disposé à lui faire, et en admettant même
les yeux fermés, toutes les hypothèses gratuites sur
lesquelles elle se fonde, toutes les erreurs et les absurdités dont elle est
pleine, et les facultés miraculeuses attribuées par elle à la volonté humaine,
au fluide nerveux, à d'autres agents magnétiques quelconques, cette théorie
ne pourra jamais, à l'aide de ses principes, expliquer comment une table
magnétisée par un médium manifeste dans ses mouvements une intelligence
et une volonté propres, c'est-à-dire distinctes de celles du médium, et qui
parfois sont contraires et supérieures à l'intelligence, à la volonté de celui-ci.
» Comment rendre raison de pareils phénomènes ? Voudrons-nous
recourir, nous aussi, à je ne sais quelles causes occultes, quelles forces
encore inconnues de la nature ? à des explications nouvelles de certaines
facultés, de certaines lois qui jusqu'à présent étaient demeurées inertes et
comme endormies au sein de la création ! Autant vaudrait confesser
ouvertement notre ignorance et envoyer le problème grossir le nombre de
tant d'énigmes dont le pauvre esprit humain n'a pu jusqu'à présent et ne
pourra jamais trouver le mot. Du reste, nous n'hésitons pas, pour notre
compte, à confesser notre ignorance à l'égard de plusieurs des phénomènes
en question, dont la nature est si équivoque et si obscure, que le parti le
plus sage nous paraît être de ne pas chercher à les expliquer. En revanche,
il en est d'autres pour lesquels il ne nous paraît pas difficile de trouver la
solution ; il est vrai qu'il est impossible de la chercher dans les causes
naturelles ; mais pourquoi alors hésiterions-nous à la demander à ces
causes qui appartiennent à l'ordre surnaturel ? Peut-être en serions-nous
détournés par les objections que nous opposent les sceptiques et ceux qui,
niant cet ordre surnaturel, nous disent qu'on ne peut définir jusqu'où
s'étendent les forces de la nature, que le champ qui reste à découvrir aux
sciences physiques n'a point de limites, que nul ne sait assez bien quelles
sont les bornes de l'ordre naturel pour pouvoir indiquer avec précision le
point où finit celui-ci et où commence l'autre. La réponse à une pareille
objection nous paraît facile : en admettant qu'on ne puisse déterminer d'une
manière précise le point de division de ces deux ordres opposés, l'ordre
naturel et l'ordre surnaturel, il ne s'ensuit pas qu'on ne puisse jamais définir
avec certitude si tel effet donné appartient à l'un ou à l'autre de ces ordres.
Qui peut, dans l'arc-en-ciel, distinguer le point précis où finit une des
couleurs et où commence la couleur suivante ? Qui peut fixer l'instant exact
où finit le jour et où commence la nuit ? Et cependant il ne se trouve pas un
homme assez borné pour en conclure qu'on ne puisse pas savoir si telle
zone de l'arc-en-ciel est rouge ou jaune, si à telle heure il fait jour ou nuit.
Qui ne voit que pour connaître la nature d'un fait, il n'est aucunement
nécessaire de passer par la limite où commence, où finit la catégorie à
laquelle il appartient, et qu'il suffit de constater s'il a les caractères qui sont
propres à cette catégorie.
» Appliquons cette remarque si simple à la question présente : nous ne
pouvons dire jusqu'où vont les forces de la nature ; mais néanmoins, un fait
étant donné, nous pouvons souvent, d'après ses caractères certains,
prononcer avec certitude qu'il appartient à l'ordre surnaturel. Et pour ne pas
sortir de notre problème, parmi les phénomènes des tables parlantes, il en
est plusieurs qui, selon nous, manifestent ces caractères de la manière la
plus évidente ; tels sont ceux dans lesquels l'agent qui remue les tables agit
comme cause intelligente et libre, en même temps qu'il montre une
intelligence et une volonté qui lui sont propres, c'est-à-dire supérieures ou
contraires à l'intelligence et à la volonté des médiums, des
expérimentateurs, des assistants ; distinctes, en un mot, de celles-ci, quel
que puisse être le mode qui atteste cette distinction. En des cas semblables
on est bien forcé, quoi qu'on en ait, d'admettre que cet agent est un Esprit et
n'est pas un esprit humain, et que dès lors il est en dehors de cet ordre, de
ces causes que nous avons coutume d'appeler naturelles, de celles, disons
nous, qui n'outrepassent pas les forces de l'homme.
» Tels sont précisément les phénomènes qui, ainsi que nous l'avons dit
plus haut, ont résisté à toute autre théorie fondée sur les principes purement
naturels, tandis que dans la nôtre ils trouvent leur explication la plus facile
et la plus claire, puisque chacun sait que la puissance des Esprits sur la
matière dépasse de beaucoup les forces de l'homme ; et puisqu'il n'y a pas
d'effet merveilleux, parmi ceux que l'on cite de la nécromancie moderne,
qui ne puisse être attribué à leur action.
» Nous savons très bien qu'en nous voyant mettre ici les Esprits en scène,
plus d'un lecteur sourira de pitié. Sans parler de ces gens qui, en vrais
matérialistes, ne croient point à l'existence des Esprits et rejettent comme
une fable tout ce qui n'est pas matière pondérable et palpable, non plus que
de ceux qui, tout en admettant qu'il existe des Esprits, leur refusent toute
influence, toute intervention en ce qui touche notre monde ; il est, de nos
jours, beaucoup d'hommes qui, tout en accordant aux Esprits ce qu'aucun
bon catholique ne saurait leur refuser, à savoir l'existence et la faculté
d'intervenir dans les faits de la vie humaine d'une manière occulte ou
patente, ordinaire ou extraordinaire, semblent démentir néanmoins leur foi
dans la pratique, et regarder comme une honte, comme un excès de
crédulité, comme une superstition de vieille femme, d'admettre l'action de
ces mêmes Esprits dans certains cas spéciaux, se contentant de ne pas la
nier en thèse générale. Et, à dire vrai, depuis un siècle, on s'est tant moqué
de la simplicité du moyen âge, en l'accusant de voir partout des Esprits, des
maléfices et des sorciers, et on a tant déclamé à ce sujet, que ce n'est pas
merveille si tant de têtes faibles, qui veulent paraître fortes,
éprouvent désormais de la répugnance et comme
une sorte de honte à croire à l'intervention des Esprits. Mais cet excès
d'incrédulité n'est en rien moins déraisonnable que n'a pu l'être à d'autres
époques l'excès contraire, et si, en pareille matière, trop croire mène à des
superstitions vaines, ne vouloir rien admettre, en revanche, va droit à
l'impiété du naturalisme. L'homme sage, le chrétien prudent, doivent donc
éviter également ces deux extrêmes et se tenir fermes sur la ligne
intermédiaire : car c'est là que se trouvent la vérité et la vertu. Maintenant,
dans cette question des tables parlantes, de quel côté une foi prudente nous
fera-t-elle incliner ?
» La première, la plus sage des règles que nous impose cette prudence,
nous enseigne que pour expliquer les phénomènes qui offrent un caractère
extraordinaire, on ne doit avoir recours aux causes surnaturelles qu'autant
que celles qui appartiennent à l'ordre naturel ne suffisent pas à en rendre
compte. D'où suit, en revanche, l'obligation d'admettre les premières,
lorsque les secondes sont insuffisantes. Et c'est là justement notre cas ; en
effet, parmi les phénomènes dont nous parlons, il en est dont aucune
théorie, aucune cause purement naturelle ne saurait rendre raison. Il est
donc non seulement prudent, mais encore nécessaire d'en chercher
l'explication dans l'ordre surnaturel, ou, en d'autres termes, de les attribuer
à de purs Esprits, puisque, en dehors et au-dessus de la nature, il n'existe
pas d'autre cause possible.
» Voici une seconde règle, un critérium infaillible pour prononcer, au
sujet d'un fait quelconque, s'il appartient à l'ordre naturel ou surnaturel :
c'est d'en bien examiner les caractères, et de déterminer d'après eux la
nature de la cause qui l'a produit. Or, les faits de ce genre les plus
merveilleux, ceux que ne peut expliquer aucune autre théorie, offrent des
caractères tels, qu'ils démontrent une cause, non seulement intelligente et
libre, mais encore douée d'une intelligence et d'une volonté qui n'ont rien
d'humain ; donc cette cause ne peut être qu'un pur Esprit.
» Ainsi, par deux voies, l'une indirecte et négative, qui procède par
exclusion, l'autre directe et positive, en ce qu'elle est fondée sur la nature
même des faits observés, nous arrivons à cette même conclusion, savoir :
que parmi les phénomènes de la nécromancie moderne, il est au moins une
catégorie de faits qui, sans nul doute, sont produits par des Esprits. Nous
sommes conduits à cette conclusion par un raisonnement si simple, si
naturel, que loin de craindre, en l'acceptant, de céder à une imprudente
crédulité, nous croirions au contraire faire preuve, en refusant de l'admettre,
d'une faiblesse et d'une incohérence d'esprit inexcusables. Pour confirmer
notre assertion, les arguments ne nous feraient pas défaut ; mais l'espace et le
temps nous manquent pour les développer ici. Ce que nous avons dit jusqu'à
présent suffit pleinement, et peut se résumer dans les quatre
propositions suivantes :
» 1° Entre les phénomènes en question, la part une fois faite à ce qu'on
peut raisonnablement attribuer à l'imposture, aux hallucinations et aux
exagérations, il en existe encore un grand nombre dont on ne peut mettre en
doute la réalité sans violer toutes les lois d'une saine critique.
» 2° Toutes les théories naturelles que nous avons exposées et discutées
plus haut sont impuissantes à donner une explication satisfaisante de tous
ces faits. Si elles en expliquent quelques-uns, elles en laissent un plus
grand nombre (et ce sont les plus difficiles) totalement inexpliqués et
inexplicables.
» 3° Les phénomènes de ce dernier ordre, impliquant l'action d'une cause
intelligente autre que l'homme, ne peuvent s'expliquer que par
l'intervention des Esprits, quel que soit d'ailleurs le caractère de ces Esprits,
question qui nous occupera tout à l'heure.
» 4° Tous ces fruits peuvent se diviser en quatre catégories : beaucoup
d'entre eux doivent être rejetés ou comme faux ou comme produits par la
supercherie ; quant aux autres, les plus simples, les plus faciles à concevoir,
tels que les tables tournantes, admettent en certaines circonstances une
explication purement naturelle ; celle, par exemple, d'une impulsion
mécanique ; une troisième classe se compose de phénomènes plus
extraordinaires et plus mystérieux, sur la nature desquels on reste dans le
doute, car, bien qu'ils semblent dépasser les forces de la nature, ils ne
présentent pas néanmoins des caractères tels qu'on doive évidemment
recourir, pour les expliquer, à une cause surnaturelle. Nous rangeons enfin
dans la quatrième catégorie les faits qui, offrant d'une manière évidente ces
caractères, doivent être attribués à l'opération invisible de purs Esprits.
» Mais ces Esprits, quels sont-ils ? Sont-ce de bons ou de mauvais
Esprits ? des anges ou des démons ? des âmes bienheureuses ou des âmes
réprouvées ? La réponse à cette dernière partie de notre problème ne saurait
être douteuse, pour peu que l'on considère, d'une part, la nature de ces
divers Esprits, de l'autre, le caractère de leurs manifestations. C'est ce qu'il
nous reste à faire voir. »
Site Le Sanctuaire.net (2007) - version 5 du 01/04/2024 - sylvain.administrateur@lesanctuaire.net